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Votre ado est plus anxieux que d'habitude ? Voici ce qui se passe, et comment l'aider.

  • Photo du rédacteur: Valérie Lapointe
    Valérie Lapointe
  • 5 août
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 août

L'adolescence est une période de transition plus difficile pour certains.
L'adolescence est une période de transition plus difficile pour certains.

Votre ado dort mal, il évite des choses qu'il aimait avant, il s'irrite pour un rien ou il se plaint d'avoir mal au ventre les matins d'école, et vu de l'extérieur ça peut facilement ressembler à un début de crise d'adolescence ou à une mauvaise attitude, alors qu'en réalité c'est bien souvent de l'anxiété qui cherche une sortie sans trouver les mots pour se dire.


Vous pouvez aussi le percevoir dans la fréquence d'écran. L'ado s'isole de plus en plus. Cela peut paraître pour de la dépendance, ce qui est fort probable, mais il se peut aussi qu'il y ait un aspect plus mesquin qui se cache sous toutes ces heures.


Parce que chez l'ado, l'anxiété ne se présente presque jamais comme un simple « j'ai peur, je ne sais pas se qui se passe avec moi... », elle se déguise plutôt en colère, en fatigue, en refus ou en isolement, et le jeune lui-même n'arrive pas toujours à mettre un mot sur ce qui l'habite, ce qui fait qu'on se retrouve, comme parent, devant un comportement déroutant sans en voir la source.


La première chose qui aide vraiment, c'est de mettre des mots sur ce qu'on observe, sans attendre que votre ado vienne en parler de lui-même, parce que c'est souvent ce premier geste du parent qui vient débloquer les choses.


Puisqu'il n'arrive pas toujours à nommer ce qu'il vit, vous pouvez le faire à sa place, tout doucement et sans en faire un reproche : « j'ai l'impression que les matins sont plus lourds pour toi ces temps-ci », « on dirait que tu dors moins bien », ou « je sens que quelque chose te pèse, et je voulais juste te le dire ». Ce genre de phrase lui montre qu'il n'a pas besoin de trouver les mots tout seul pour être compris, et ça ouvre bien plus la porte qu'un « voyons, qu'est-ce qui se passe ? », qui donne plutôt l'impression qu'on lui reproche quelque chose.


Ensuite, il vaut mieux chercher à réduire l'anxiété plutôt qu'à vouloir l'éliminer complètement, parce que notre réflexe naturel de parent, c'est de retirer tout ce qui angoisse notre jeune pour le soulager sur le coup. Si l'école lui donne mal au ventre, on est tenté de le garder à la maison; s'il stresse à l'idée d'aller à une fête où il connaît peu de monde, on accepte un peu trop vite qu'il reste dans sa chambre; s'il a peur de parler au comptoir ou de commander lui-même au restaurant, on finit par le faire à sa place pour que ce soit plus simple. Chaque fois, ça le soulage sur le moment, mais à force d'éviter ce qui fait peur, la peur ne disparaît pas, elle grossit, parce que le jeune n'a jamais la chance de découvrir qu'il aurait pu passer au travers.


Ce qui aide vraiment, à l'inverse, c'est de l'accompagner à affronter la chose difficile à petites doses, en restant à ses côtés plutôt qu'en le poussant dans le vide. Plutôt que d'annuler la fête, on peut convenir qu'il y va une petite heure et qu'il vous texte s'il veut repartir; plutôt que de commander à sa place, on peut le laisser demander lui-même pendant qu'on est juste à côté; plutôt que de tout éviter, on avance d'un petit pas à la fois. Et chaque fois qu'il traverse quelque chose qu'il croyait impossible, même une toute petite chose, il en ressort avec une preuve de plus qu'il en est capable, et c'est exactement comme ça que la confiance se reconstruit.


Et enfin, il ne faut surtout pas négliger les bases, parce que le sommeil, les écrans le soir, les repas et un peu de mouvement peuvent sembler des détails sans importance à côté de l'anxiété, alors qu'en réalité ce sont eux qui forment le terrain sur lequel tout le reste repose. Un corps épuisé, sous-alimenté ou survolté amplifie absolument tout : la même contrariété qui glisserait sur un ado reposé devient une montagne chez un ado qui manque de sommeil, et bien souvent, le simple fait de stabiliser le quotidien fait déjà retomber une bonne partie de la pression, avant même d'avoir réglé quoi que ce soit d'autre.


Concrètement, ça veut dire veiller à ce qu'il mange à des heures régulières, parce que sauter des repas fait chuter l'énergie et rend l'humeur beaucoup plus fragile; ça veut dire l'encourager à bouger un peu chaque jour, même juste une marche, du sport ou du plein air, parce que le mouvement est un des moyens les plus naturels de faire redescendre le stress dans le corps; et ça veut dire protéger son sommeil, en gardant des heures de coucher à peu près stables même la fin de semaine, parce que c'est la nuit que le cerveau d'un ado récupère et remet ses émotions en ordre.


Et c'est souvent là que les écrans deviennent le vrai nœud, parce qu'un téléphone dans le lit, c'est à la fois de la lumière qui retarde l'endormissement, des notifications qui gardent le cerveau en alerte et des réseaux sociaux qui nourrissent la comparaison et l'anxiété tard le soir, au pire moment.


Plutôt que de tout couper d'un coup, ce qui finit rarement bien, vous pouvez y aller par petites ententes :

  1. Convenir d'une heure où le téléphone se met en mode nuit.

  2. Le laisser charger à l'extérieur de la chambre plutôt que tout près de lui.

  3. Remplacer le défilement d'avant-dodo par quelque chose de plus doux comme un peu de lecture ou de musique.

  4. Et surtout, donner l'exemple vous-même, parce qu'un ado accepte beaucoup mieux ces limites quand il voit que ce n'est pas juste une règle imposée à lui seul.


Et si vous avez l'impression d'avoir essayé tout ça sans que la pression ne redescende vraiment, ce n'est pas un échec de votre part, c'est simplement que certaines choses se dénouent mieux avec un accompagnement extérieur. C'est le genre de chemin que je fais avec les adolescents ainsi qu'avec leurs parents, à votre rythme, pour vous aider à reprendre du terrain sur ce que l'anxiété vous a pris.


Valérie Lapointe — thérapeute PNL en relation d'aide auprès des adolescents et de leurs parents.


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